Deux âmes dans l'antre des fous
Yahvé Dieu dit: "Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie".
Genèse II, 18.
Résumé:
Nicolas, jeune journaliste d'investigation mal dans sa peau, n'a qu'une idée en tête: quitter Paris. Son rêve est partiellement exaucé lorsque son travail le conduit à Tarbes, où son rédacteur en chef l'envoie couvrir une étrange affaire criminelle. Elodie, quant à elle, sans nouvelle de son petit ami, militaire parti en mission en Afrique, décide de se lancer à la recherche de la vérité concernant l'homme qu'elle aime. Une vérité cruelle et d'autant plus difficile à accepter qu'elle met en présence d'effrayantes puissances occultes et les plus bas instincts d'une secte nécrosée par le mal absolu.

premier extrait:
Mais un jour, les choses ont mal tourné pour Michel. C'était il y a peu de temps, tout juste quelques mois, alors que Samir était déjà en Afrique. Michel s'était acoquiné avec une bande de gitans peu recommandables. Un jour, une affaire a dérapé et les gitans se sont retournés contre Michel. Ils lui ont fracassé le dos à coups de barres de fer. Du coup, depuis quelques semaines, il fait moins le malin, le Michel. Il a revendu ses bijoux en or et sa BM, et lorsqu'on le voit dans la rue, il a diminué de trois bonnes têtes. Sa fierté, il l'écrase chaque jour un peu plus sous les roues de son fauteuil d'infirme. Elodie n'en éprouve pas plus de pitié pour lui pour autant. Seulement voilà, ce type est désormais sa seule chance sérieuse de pouvoir retrouver l'homme qu'elle aime.
deuxième extrait:
Michel dépose alors sur la table un porte-documents noir, qu'il tenait jusque là sur ses genoux sans qu'Elodie ait remarqué quoi que ce soit, et, du porte-documents, extrait une série de photos. La première montre Samir de trois quarts dos, en tenue militaire, les mains sur les hanches. Face à lui, un peloton de guérilleros africains dépareillés. Certains bottés et armés jusqu'aux dents, d'autres en shorts et T-shirts, équipés de bâtons ou de machettes. Sur un autre cliché, Samir pose fièrement avec une Kalashnikov dans les mains, la poitrine bardée de chargeurs et de grenades. Son visage hirsute affiche un sourire gêné. Même photo, mais Samir n'est plus seul. A ses côtés, son employeur, le richissime industriel français, recruteur de mercenaires. Lui ne porte pas de treillis camouflé, mais un pantalon et un chapeau blanc, associés à une chemisette à fleurs. Le décor, derrière, est composé de baraquements de fortune et d'une esplanade en terre battue que traversent quelques guérilleros flous.
troisième extrait:
Nouveau silence, avant une réponse résignée:
- Comme tu voudras, mais je t'aurai prévenue.
Et il continue ses recherches. Mais le salon ne révèle rien d'intéressant, la bibliothèque sera peut-être plus instructive:
- C'est plein de statuettes bizarres, là-dedans. La première fois, ça surprend.
- Merci du tuyau.
Et les deux intrus s'avancent dans le royaume des idoles d'ébène, représentations inquiétantes de cultes païens pré-coloniaux, voire antiques, laides illustrations de dévotions à des moeurs barbares et cauchemardesques.
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